Matter les échecs

Petit guide à l’usage des entrepreneur·euse·s dont l’estime et la confiance ont pris des allers simples pour les Maldives.

Ça a fait un four…

Quel flop!

C’est la débandade.

Tout part à vau-l’eau.

Je vous laisse me partager vos meilleures expressions pour parler de vos échecs les plus cuisants. Pas la peine de détourner le regard, mon grand-père vous dirait “qu’il y a qu’ceux qui n’font rien qui s’trompent jamais”. La bonne nouvelle est donc que si vous avez déjà échoué, vous avez déjà essayé. Et ça, c’est déjà pas rien.

Je suis une inconditionnelle de Brené Brown, Daring Greatly (Le Pouvoir de la Vulnérabilité en français dans le texte) est un de mes livres chouchous (il est dans la pile des livres à prendre en cas d’incendie – si vous n’avez pas cette pile je vous recommande de la créer). Il tire son titre de cet extrait :

“It is not the critic who counts: not the man who points out how the strong man stumbles or where the doer of deeds could have done better. The credit belongs to the man who is actually in the arena, whose face is marred by dust and sweat and blood, who strives valiantly, who errs and comes up short again and again, because there is no effort without error or shortcoming, but who knows the great enthusiasms, the great devotions, who spends himself in a worthy cause; who, at the best, knows, in the end, the triumph of high achievement, and who, at the worst, if he fails, at least he fails while daring greatly, so that his place shall never be with those cold and timid souls who knew neither victory nor defeat.”

Theodore Roosevelt
Discours à la Sorbonne, 23 avril 1910

Alors aujourd’hui je voulais vous proposer quelques inspirations à enregistrer pour les jours où vous vous sentirez seul·e·s dans l’arène, le visage ensanglanté et le goût de la poussière dans la bouche.

Apprendre à se relever

Loin de moi l’idée de promouvoir la “hustle culture” où on nous fait croire que tout accomplissement est possible à la condition sine qua non de votre souffrance. Cependant, on n’a rien sans rien. Donc il y a trois étapes importantes pour se relever : 

Prendre le temps de « pleurer un bon coup » si besoin.

Cela peut vous sembler un peu nian-nian mais sincèrement nous vivons une époque où tout va vite et même si on nous parle de vulnérabilité à tout va, c’est quand la dernière fois que vous vous êtes arrêté·e pour prendre le temps de vous laisser traverser par la tristesse, la colère ou même la joie dans le cadre de votre travail (et je suis quasi-certaine que pour votre vie perso c’est à peu près la même chose) ? 

Cela peut sembler être une perte de temps ou d’énergie, un signe de faiblesse, un manque de caractère… Mais quelle meilleure preuve de caractère que d’être capable d’accueillir et de se laisser traverser par la véritable frustration que nous crée un échec ? Personnellement j’ai appris avec ma psy à crier, à taper dans des coussins, à pousser des murs et à dire aux gens que fallait pas pousser ni mémé ni moi dans les orties! 

Quand vous ignorez ce que l’échec vous fait ressentir, vous mettez ça sous le tapis et ça fonce direct dans la case à retardement qui va vous sauter au visage le jour où vous n’en avez vraiment pas besoin. Vous ne pouvez pas vous permettre en tant qu’entrepreneur·euse de remplir cette case qui sera celle qui un jour toquera à votre porte et aura la forme du dégoût et de l’amertume.
Évitez autant que vous le pouvez d’ajouter au risque de vous dégouter vous-même de ce qui a été un rêve au départ, ou du moins un projet qui vous fait vibrer assez fort pour devenir votre métier (ou un de vos métiers – coucou les multi passionné·es et les slasheur·euses).

Prendre ses responsabilités.

Une fois que vous aurez  hurlé/pleuré/tapé dans des coussins ou que sais-je pour extérioriser ce que l’échec a causé chez vous, il va falloir prendre votre courage à deux mains. C’est l’heure d’être responsable et de regarder la situation de manière factuelle. 

C’est là que la manie de documenter ce que vous faites devient votre meilleure amie. Que ce soit dans une note de téléphone, dans votre espace Notion, dans un bon vieux logiciel de traitement de texte, en vous envoyant des messages à vous-même, dans votre dictaphone ou sur des post-its que vous ranger dans une boîte spéciale (histoire de ne pas les semer aux quatre vents)… Gardez une trace !
De ce qui n’a pas marché, de comment ça s’est passé, de vos décisions et de leur mise en oeuvre. Documentez au maximum.

Ainsi vous pourrez voir à quel moment ça a tourné au vinaigre et en quoi vous auriez pu agir différemment. Le but n’est pas de juger votre décision passée à la lumière des informations actuelles (ça n’a pas de sens) et encore moins de vous autoflageller. L’objectif est de faire un travail d’analyse qui vous donnera des outils concrets et efficaces pour la suite.

Tirer les leçons et repartir de plus belle.

Quand on tombe il faut se remettre en selle rapidement. Alors une fois que vous avez analysé votre situation et bien il ne vous reste plus qu’à repartir.
Spoiler : it’s Swiftie o’clock.

Miss Americana, le documentaire sur Taylor Swift disponible sur Netflix, s’ouvre sur cette scène où Taylor apprend que son dernier album n’est nominé dans aucune catégorie aux Grammys. Immédiatement elle affirme “je dois juste faire un meilleur album”. 

J’adore cet exemple et le cite souvent, car malgré la qualité de Reputation (qui reste un des albums favoris de ses fans) Taylor accepte que ce n’était pas assez bien cette année là pour être sélectionnée. Elle ne remet pas la faute sur l’institution, prend ses responsabilités et se lance dans l’écriture de la suite de son histoire. 

Elle a d’ailleurs confié pendant sa tournée mondiale “The Eras Tour” qu’on l’avait prise de haut lorsqu’elle avait annoncé le concept de ce show de 3h30 qui reprendrait tous ses albums. En devenant un show qui bat tous les records, elle a prouvé qu’elle savait tiré les enseignements de son expérience en tant qu’artiste. L’expérience regroupant les succès, et les échecs.

“Never be ashamed of trying. Effortlessness is a myth.”
Petit clin d’oeil à 20’50

A aucun moment dans cette liste vous n’avez vu des étapes d’autoflagellation ou de “pity party”, c’est volontaire. Cela ne vous emmènera nulle part, si ce n’est sur la route du désespoir qui mène à la case abandon des rêves sans passer par la case départ.

Conseils pour mieux tomber.

Il est tout à fait possible d’apprendre à tomber, quiconque ayant déjà essayé de se mettre en équilibre sur les mains le sait. C’est le fait de savoir maîtriser sa chute qui nous permet de réduire l’impact de la peur de faire face à ladite chute. 

Voici quelques conseils pour apprendre à tomber : 

Étudier les échecs des autres.

Pour aller plus loin et gagner du temps, je vous recommande de vous nourrir des échecs qui ont été commis par d’autres avant vous. Ces échecs ont les avantages non négligeables de laisser vos émotions et votre trésorerie intacts.
Utilisez les articles de blogs, les podcasts, les livres, et tous les témoignages à votre disposition. À nouveau compléter votre petit journal des échecs avec les leçons que vous en tirez. Faites votre tri, choisissez ce qui vous parle. 

« Practice makes Perfect »

La répétition permet d’atteindre l’excellence. Je n’ai pas écrit “la perfection” volontairement.

Parfait n’existe pas.

Je me répète cette phrase depuis des années, je la martelle à mes clientes. C’est le trait toxique de beaucoup de femmes brillantes que je connais. Placer la barre juste assez haut pour s’assurer de ne jamais l’atteindre et se prouver ainsi être nulle. 

Les moments où nous échouons, où nous essuyons des refus, où on nous claque la porte au nez, sont les moments qui nous construisent. Ce sont ces moments qui font la différence et nous apprennent à nous battre pour ce en quoi nous croyons, à faire mieux, à continuer encore et encore.
De la même manière que la ballerine répète les mouvements jusqu’à ce que son corps soit imprégné de cette mémoire que seule la répétition peut forger, l’entrepreneur·euse va recommencer en cherchant son équilibre pour que le grand jeté qu’est son dernier lancement soit impeccablement exécuté.
L’effort est toujours récompensé et la patience est souvent la clé du succès. Continuez d’éprouver vos stratégies, soyez assidus et ne perdez pas confiance en vous. 

Savoir lâcher l’affaire.

Mon ultime conseil pour apprendre l’art de la chute en matière d’entreprise est simple : ne jamais trop s’attacher à une idée. Je sais je vous dis de croire en vous et puis je continue en vous disant ça, il faut savoir ! Et bien croire en soi et en son entreprise ne veut pas dire s’empêcher de changer d’avis ou d’idée. Trop souvent les entrepreneur·euses tombent dans le piège du sentimentalisme. Malheureusement il faut savoir être impitoyable et mettre un terme à ce qui ne sert pas le développement de votre business.
Quel est l’objectif stratégique de votre entreprise ? Le numéro un c’est la rentabilité, oui, quoique vous disiez. Si vous ne vouliez pas gagner d’argent vous auriez une association à but non lucratif. Donc comportez vous comme des personnes qui visent la rentabilité et pas comme des poulets sans têtes sous prétexte d’être de bonnes personnes. Gagner de l’argent ne fait pas de vous de mauvaises personnes : à nouveau regardez ce que Taylor Swift fait de son argent, ou encore Beyoncé et Kelly Rowland

Si un concept est mauvais, laissez-le sur le côté de la route. Apprendre à lâcher prise quand il est question de vos idées est essentiel. 

Croyez-moi, j’ai opéré des virages à 180° plusieurs fois en 5 ans d’entrepreneuriat, et ils ont toujours été salvateurs quand bien réfléchis. Le meilleur à date reste celui qui m’a amené à accompagner des entrepreneur·euses et chef·fes d’entreprise comme bras droit dans leurs stratégies et opérations.

J’espère vous avoir réconcilié avec vos échecs. Puissent-ils vous mener au-delà encore de ce que vous osez imaginer.

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