Vous avez dit iconiques ?

J’ai toujours été fascinée par ces femmes qui sont érigées au statut d’icône. 

Biographie de Marilyn Monroe, biopic d’Edith Piaf ou de Gabrielle Chanel, classeurs entiers remplis de coupures de magazines avec le sourire de Britney Spears, murs recouverts de posters à l’effigie des Spice Girls… Beyoncé, Taylor, Oprah, Céline, Gaga… Toutes ces femmes ont une influence sur ma vie, mes rêves, mes tenues, mon compte en banque, ma façon de me comporter avec les autres. 

J’ai donc décidé de m’intéresser à ces légendes, à celles qui modèlent nos imaginaires et par la même occasion diverses industries et donc l’économie à plus grande échelle. À l’heure où Barbie est devenue le symbole de la démocratisation du féminisme, où Kellie Gerardi va  dans l’espace en arborant fièrement ses bracelets de l’amitié, et où les fangirls inondent internet de leur passion pour les paillettes et les sequins, j’avais envie de vous prouver que rien dans tout cela n’est futile.

Je vous propose donc un diptyque d’articles où j’aborderais les icônes (principalement de la pop culture) et les fangirls tour à tour. J’espère vous prouver que ces femmes sont plus que de simples inspirations artistiques, mais aussi qu’être une fangirl peut vous emmener bien plus loin que vous ne pouvez possiblement l’imaginer.

L’arroseur arrosé

Je ne vais pas vous faire l’affront de disserter sur la manière dont les femmes ont été objectifiées par la pop culture. Mona Chollet a écrit un essai, Beauté Fatale, très pertinent sur le sujet, je vous conseille donc sa lecture (unpopular opinion : je pense d’ailleurs que Beauté Fatale est de loin un bien meilleur livre que Sorcières). Gardez juste en tête que nous avons été utilisées pour vendre bien des choses, qu’on soit les têtes d’affiches, la cible marketing ou les deux (on dirait que j’ai été égérie L’Oréal pendant 10 ans en écrivant ça, pas du tout soyons clair).
Seulement voilà, je ne pense pas que le patriarcat avait vu le petit loophole dans l’idée de créer des icônes et des égéries à tour de bras. Parce que si nous subissons en permanence des injonctions concernant environ chaque millimètre carré de nos vies, il se trouve qu’aujourd’hui les icônes semblent avoir décidé ne plus avoir envie d’être des marionnettes au service d’un modèle économique et politique bien rodé. 

Je ne vous cache pas que je suis ravie de constater que l’ère des pop star sans opinion (sous peine d’être rayées de la carte) est RÉVOLUE (en bonne voie de l’être tout du moins). 

Aujourd’hui les femmes qui accèdent à ce statut d’icône parlent haut et fort de leurs engagement politique – c’est d’ailleurs un des principaux sujet du documentaire Miss Americana où Taylor Swift décide de prendre position politiquement alors que cela va à l’encontre de toutes les recommandations de son entourage (et l’histoire a prouvé qu’on préférait une chanteuse sans avis jusqu’à présent). 

Beyoncé vient de dévoiler la couverture de son prochain album qui sort à la fin de la semaine (au moment où je vous écris) et son utilisation du drapeau américain ainsi que les codes de ces images font polémiques. Désormais les femmes puissantes parlent de leurs convictions, et elles utilisent leur influence pour les défendre. 

Billie Eilish parle ouvertement de son syndrôme de la Tourette, Selena Gomez a créé la plateforme Wondermind pour informer et normaliser le fait de prendre soin de la santé mentale – elle parle de fitness pour l’esprit, Simone Biles a fait une pause de 2 ans dans sa carrière de gymnaste professionnelle pour protéger sa santé mentale. Aujourd’hui les femmes ne sont plus seulement les objets de ce qu’on a décidé qu’elles devaient vendre. Elles se font les étendards des causes qui leur tiennent à cœur. Elles posent leurs limites ouvertement et prennent leur revanche sur des industries qui ont tenté de tout leur prendre (une pensée pour Scooter Braun qui pensait avoir plié le game avec la vente des masters de Taylor Swift).

Ainsi, dans un système profondément patriarcal où les femmes sont les objets, les proies et les victimes silencieuses de campagnes marketing et politiques, il semblerait qu’il y ait un retournement profond qui se soit opéré. En se faisant les inspirations des jeunes femmes, en prenant à bras le corps leur rôle de modèles elles construisent des communautés de plus en plus à leur image. Alors la case “soit belle et tais toi” dans laquelle on les fait débuter n’est clairement plus assez large pour contenir leur talent et leurs ambitions, il suffit de regarder les prouesses économiques réalisées par Beyoncé, Taylor Swift, ou encore Rihanna cette dernière décennie. 

J’en arrive donc à m’interroger sur ce qui fait que ces femmes atteignent ce statut si particulier?

Il n’y a pas de « secret sauce »

Si on regarde le point commun qui unit Miley Cyrus, Britney Spears, Rihanna, Beyoncé, Lady Gaga, Taylor Swift, ce n’est pas bien compliqué à comprendre : c’est le travail assidu et acharné. Il n’y a qu’à jeter un œil à leur discographie pour s’en rendre compte.

“There’s always gonna be another mountain, I’m always gonna wanna make it move. Always gonna be an uphill battle, sometimes I’m gonna have to lose. Ain’t about how fast I get there, ain’t about what’s waiting on the other side, it’s the climb.”

The Climb – Miley Cyrus

“You better work bitch”

Work Bitch – Britney Spears

“I see it, I want it, I stunt, yellow-bone it
I dream it, I work hard, I grind ’til I own it”

Formation – Beyoncé (si vous n’avez jamais vu ce clip, foncez !)

Si l’on prend l’exemple de Lady Gaga elle commence à apprendre le piano à ses 4 ans, et à 11 ans décide de finalement ne pas intégrer Julliard. À 13 ans, elle compose ses premières chansons. Après de nombreuses années à travailler, étudier et se produire dans divers endroits elle crée le personnage de Lady Gaga en 2007 et travaille sur Fame en 2008, l’album qui lui vaudra le démarrage de sa carrière internationale – elle a alors 22 ans et cela fait donc près de 10 ans qu’elle travaille avec acharnement à réaliser ce rêve. 

Lady Gaga n’est pas un cas isolé, et je suis persuadée que la qualité de ce que proposent les femmes que nous élevons au rang d’icône est partie intégrante de ce statut. D’ailleurs leur capacité de travail, leur humilité, leur engagement pour ce qu’elles font sont des traits caractéristiques.
Si l’on devait dresser le portrait de l’icône type elle serait bosseuse, humble, toujours en train de se réinventer et d’essayer de nouvelles choses (sans cela l’industrie a tendance à les cancel malheureusement), engagée et pas soumise au tendances. C’est d’ailleurs très certainement ce qu’on aime chez ces femmes. Le fait de les voir s’émanciper et nous donner les clés de notre propre émancipation au passage. 

L’ère des réseaux sociaux facilite l’accès des artistes à leur communauté et a permis de court-circuiter les intermédiaires qui s’enrichissent sur le dos des artistes et tentent de leur dicter leur conduite.

 

En tant qu’entrepreneuse on tente de nous vendre des méthodes miracle quasiment aussi souvent que des crèmes qui éviteront le vieillissement de notre peau. Pourtant la méthode miracle semble se résumer à savoir ce que l’on veut et travailler dur dans cette direction. Que vous regardiez le film Renaissance de Beyoncé, n’importe quelle interview d’Oprah Winfrey, le documentaire sur Lady Gaga disponible sur Netflix ou les TikTok de Kellie Gerardi le constat est sans appel : croyez en vos rêves et travaillez pour les atteindre.
Sans vouloir faire l’apologie de la hustle culture, je crois qu’on oublie l’importance de l’effort et de l’endurance quand il s’agit de donner vie à des projets aussi énormes. Évidemment, on ne rêve pas toutes de chanter à la mi-temps du Super Bowl, d’avoir notre incroyable marque de cosmétiques ou bien de devenir le symbole de la longévité dans l’industrie de la musique. Mais vos rêves nécessitent eux aussi une bonne dose de travail et de courage, car vous aussi vous ferez face à des obstacles, des déceptions et vous devrez vous relever.

J’en arrive donc à mon dernier point.

Ces femmes ne sont pas de simples stars, elles sont des légendes. Pourquoi? Parce qu’elles sont au cœur d’un énorme travail de représentation qui engendre des changements sociétaux profonds.

Quand le monde entier espère que Taylor Swift et Beyoncé entrent en compétition, elles se soutiennent ouvertement lors des premières de leurs films respectifs.
Rihanna révolutionne la cosmétique pour les peaux de couleurs, elle a fait de cette part de marché que tout le monde boudait le centre de son business et son succès fait mentir toutes les prétendues théories sur le sujet. 

Miley Cyrus a prouvé à tous qu’on peut traverser des crises et revenir au meilleur de son art, elle remporte son premier Grammy après des années dans l’industrie. 

Pourquoi ces succès sont importants? 

Car ils participent à la représentation. Nous assistons au succès de ces femmes. Nous pouvons nous identifier à elles, et compte tenu de l’immensité de l’impact qu’elles ont sur la culture et la société, nous voyons nos quotidiens évoluer grâce à elles. 

De nombreuses jeunes filles pensent qu’il est tout à fait normal d’aimer Taylor Swift, les paillettes et de vouloir être astronaute en même temps !  Quand j’étais adolescente, être une fangirl était le prétexte de raillerie incessante, vouloir être ingénieure était réservé à quelques exceptions et aimer les paillettes était un plaisir inavouable. Je ne vous parle même pas d’aimer être avec ses girlies pour crier à plein poumon des chansons d’amour… inacceptable (nous parlerons plus tard de la misogynie que nous intégrons en tant que femmes) ! 

Ces femmes qui brisent les codes, explosent les plafonds de verre et ouvrent la voie sont des icônes car elles sont conscientes de leur responsabilité envers nous, leur public. Ces femmes ouvrent les portes et s’assurent qu’elles ne se referment pas sur le nez de toutes celles qui attendent derrière elles. Nous avons besoin de ces exemples qui peuplent la pop culture car elles sont accessibles, je peux écouter Beyoncé et me répéter que je suis Flawless tous les matins. Même si elle remplit des stades partout sur la planète Taylor Swift écrit quand même des albums entiers suite à ses ruptures, le coeur brisé est universel et il à l’air de rassembler des foules.

Ces femmes sont la preuve de nos possibles et elles ne sont que la partie immergée de l’iceberg dont nous avons besoin pour ne pas perdre de vue que nous sommes capables de réaliser nos rêves.

Les icônes existent car nous avons besoin de croire, comme les enfants ont besoin de croire en la petite souris pour que la perte de leur dent soit moins traumatisante. Je suis persuadée que comprendre les enjeux de la représentation, quelle que soit l’échelle à laquelle vous avez de l’influence, est essentiel. 

Que vous inspiriez “uniquement” votre cercle le plus proche ou quelques milliers de personnes sur les réseaux sociaux ou que sais-je d’autre (Beyoncé, Taylor si vous me lisez je quitte tout pour bosser pour vous ANYTIME), vous avez une responsabilité vis à vis de ces personnes. Vous êtes responsable de ce que vous partagez, des messages que vous véhiculez et c’est à cet endroit que vous pouvez avoir un véritable impact sur la vie de celles et ceux qui vous entourent.

La prochaine fois que vous prenez la parole sur vos réseaux, auprès de vos enfants, de votre famille, pensez-y. Et si vous étiez Céline à Vegas devant des milliers de personnes qu’est-ce que vous diriez ? 

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