Fangirl : l’histoire d’un amour inconditionnel

Voilà la seconde et dernière partie de cette série d’articles que j’avais très envie d’écrire, un peu comme un hommage à mes copines qui partagent ma passion pour Taylor, Beyoncé, les concerts. Ces mêmes copines qui elles aussi passent des mois à préparer un concert, qui ne jugent pas mon programme de révision  pour le Eras Tour, font des documents partagés pour organiser nos tenues et déplacements… Mais aussi un hommage à la petite Clémence d’une dizaine d’années à qui on a dit que ça ne la mènerait nulle part de faire des bracelets de l’amitié, de connaître les paroles et les chorégraphies des Spice Girls ou de Britney sur le bout des doigts. Enfin un hommage à toutes les inconnues avec qui je partage cet amour de mes icônes, celles et ceux que je retrouve en concert, qui pleurent aussi de joie, qui hurlent les chansons qui les ont aidé à traverser ce qu’elles avaient à traverser à un moment de leur vie. 

J’ai autour de moi beaucoup de personnes qui ne comprennent pas qu’on voit le même concert plusieurs fois, qu’on dépense autant d’argent pour des concerts, du merchandising, des vynils… La plupart ricane avec un peu de condescendance ou me dise avec bienveillance que je suis “folle”. Alors je me suis dit qu’il était temps de vous expliquer pourquoi cette partie de moi fait de moi la personne que mes proches, mes clientes et ma communauté aiment tant – souvent même sans le savoir. 

Les bracelets de l’amitié que les fans de Taylor Swift échangent lors de ses concerts

La passion et l’intensité ou rien

Une histoire de misogynie (pour changer)

J’aime vivre les choses intensément, je crois que je suis née comme ça. Je ris facilement aux larmes, je pleure en lisant mes livres (je fais encore des cauchemars au sujet de la fin de La Passe-Miroir – super série de roman recommandée par une amie que j’ai terminé il y a plus de deux mois), je peux hurler de joie comme de tristesse. 

Je pense qu’en réalité plein de gens ont envie de faire comme moi, mais on nous apprend assez vite que se rouler par terre au milieu des allées d’un supermarché parce que non on ne peut pas acheter 3 Barbies à chaque fois qu’on fait les courses n’est pas un comportement approprié. On nous apprend surtout à adapter nos comportements et comment nous exprimons nos émotions au contexte social dans lequel nous nous trouvons. Il existe des règles du “socialement correct” et autant vous dire qu’elles ne sont pas tout à fait les mêmes pour les femmes et les hommes. 

  • les hommes, les vrais, ça ne pleure pas : “tu vas pas pleurer, t’es pas une fille” – leçon assez communément enseignée aux jeunes garçons
  • les filles bien ça ne dit pas de gros mots : “tu n’es pas un chartier!” – leçon enseignée dès le plus jeune âge aux jeunes filles
  • les filles ça ne fait pas trop de bruit
  • les filles doivent croiser les jambes assises, histoire de pas montrer sa culotte à tout le monde (il ne faudrait surtout pas prendre trop de place)
  • les filles ne donnent pas leur avis et ne se mettent pas en colère

Je vous épargne une liste exhaustive, on n’a pas assez de temps devant nous. 

Quand on dit aux jeunes filles, mais aussi aux femmes adultes, qu’être une fangirl c’est honteux c’est en fait tout autre chose qu’on leur dit. On leur demande de ne pas faire de bruit, de ne pas partager haut et fort ce qui les anime, de ne pas crier et de surtout ne pas lier des liens avec d’autres femmes.
Oui, si vous l’avez pas encore compris, tout est fait pour qu’on soit occupées à ne pas se soutenir, ça évite aux hommes d’avoir affaire à des hordes de femmes qui leur disent qu’elles en ont assez d’être les dindes de la farce. 

Quand vous voyez des femmes critiquer d’autres femmes parce qu’elles vont à un concert (ou au travail) dans une tenue x ou y (souvent trop courte, colorée, décolletée…) ce n’est pas tellement qu’elle n’aime pas la tenue. C’est qu’on nous a appris que porter une tenue x donnait une certaine image de nous et par ricochet (et misogynie intégrée) on est convaincue que nous n’avons pas la liberté de porter cette tenue. Nous devenons les miliciennes du patriarcat en pointant du doigt les femmes qui s’affranchissent des injonctions à ne porter que ce qu’une société faite pour les hommes à décider qu’il était convenable de porter. 

L’émancipation, sortez les pistolets à colle (et les paillettes)

Alors quand je vois des jeunes filles et des femmes partout dans le monde, avec des morphologies de toutes sortes, porter des bodies recouverts de paillettes, des bottes pailletées, des mini-jupes, et j’en passe… je suis RAVIE.
D’ailleurs, je pense que la Clémence qui rêvait de plateformes, de mini-jupe et de brassière en CM1 hurlerait de joie en apprenant que je suis allée au concert de Beyoncé en mini short, collant à paillettes, crop top à franges de strass… Je ne parle même pas du film du concert où j’ai été seule en mini jupe, bomber doré, maquillage plus que pailleté. Je n’aurais JAMAIS osé sortir seule comme ça dans l’espace public il y a encore quelques années. J’aurais eu peur qu’on m’agresse, qu’on me juge, et je serais donc morte de honte et de peur avant de passer ma porte.
Sauf que quand les 80000 personnes qui viennent au concert avec toi sont également le derrière plus ou moins à l’air ça change tout ! Nos icônes créent des communautés où nous sommes en sécurité d’explorer nos identités, nos passions, nos looks sans avoir à nous soucier d’être raillées ou agressées. 

Vous vous demandez peut-être ce que ça change dans ma vie de tous les jours ? Et bien j’ai envie d’être intrépide, de me montrer telle que je suis. Je ne veux plus me taire ou bien cacher mes goûts pour rentrer dans le moule. 

Je suis persuadée que cela me permet de trouver plus facilement les personnes avec qui je vais pouvoir collaborer correctement, ou simplement vivre des aventures. On parle beaucoup de personal branding avec l’importance que prennent les réseaux sociaux dans les stratégies de communication aujourd’hui. Je suis persuadée que dans mon cas, avoir un personal branding honnête, transparent, où je ne cache pas mes passions et encore moins comment elles évoluent, prouvent à mes clientes et potentielles clientes que je ne mens pas sur la marchandise. 

S’autoriser à être soi, pleinement, c’est s’autoriser à se connaître vraiment et ne pas jouer un rôle. En mettant les femmes dans des moules, on les prédestine à jouer la comédie et se perdre dans des identités qui ne leur appartiennent pas. Les icônes nous offrent des dizaines d’alternatives qu’on peut essayer et combiner à l’infini pour enfin découvrir quelles sont nos “true colors” comme dirait Cindy Lauper. 

Aperçu du Renaissance World Tour, évidemment j’y étais.

La puissance de la communauté

Être une fangirl c’est hurler/pleurer/rester bouche bée en concert (ou dans sa chambre) mais surtout c’est faire partie d’une communauté qui hurle/pleure/reste bouche bée avec nous. Je trouve cela assez fascinant.

Lorsque j’ai vu Beyoncé pour la première fois j’ai pleuré (beaucoup) et il y avait un jeune brésilien qui l’avait déjà vue plusieurs fois et qui m’a pris dans ses bras et m’a dit que lui aussi pleurait à chaque fois et que c’était vraiment chouette. Cet inconnu a validé mes émotions et m’a encouragée à vivre pleinement ce moment incroyable.
Je ne sais pas vous expliquer le sentiment qui vous traverse quand vous êtes dans un stade avec des milliers de personnes qui chantent en cœur avec vous. Je ne peux pas mieux vous expliquer le fait que je pleure devant des vidéos d’enfant à qui on offre des places pour le Eras Tour. Je suis subjuguée par les dizaines de milliers de bracelets échangés durant les concerts de cette tournée, les personnes qui se complimentent sur leur tenues, qui s’entraident… 

Lorsqu’on nous affuble du titre de fangirl on ne se rend pas compte que cela ne fait que marquer un peu plus notre appartenance à un truc tellement plus grand que nous. De l’appartenance au groupe naît une sensation de sécurité qui permet de développer une confiance en soi plus durable, de là l’identité de chacun peut s’affirmer sans craindre les railleries puisque la communauté fait l’effet d’un cocon protecteur. 

Enfin je ne peux pas ne pas souligner à quel point l’entraide est un élément clé de nos vies de fangirl. Les conseils pour trouver les places, les cagnottes  pour aider les autres fangirl qui en ont besoin (je pense aux enfants et adultes malades qui parviennent à rencontrer leurs idoles par exemple), les idées de tenues, les tutos pour tout et n’importe quoi. L’aide se matérialise en ligne mais aussi dans la réalité (vous pensiez que la sororité était à son max dans les toilettes des bars, well, je vous souhaite de faire pipi au concert de Beyoncé une fois dans votre vie).


Si vous ne voyez pas comment cela se traduit en dehors de nos passions qui vous semblent peut être futile, je vous propose une liste non exhaustive de situation où vous serez ravis que j’ai un sens accru de la communauté : 

  • Je respecte toujours les lubbies et les passions des autres, je trouve que c’est même une des choses les plus intimes qu’on peut découvrir au sujet de quelqu’un.
  • J’essaie toujours de donner un peu de mon temps aux personnes qui me sollicitent même si c’est simplement pour discuter autour d’un café (en respectant mon énergie évidemment)
  • J’ai un réseau en or, genre pas avec des patrons du CAC40 dedans mais avec des femmes qui mentionnent mon nom quand ça compte vraiment. 
  • Je n’hésite jamais à mentionner les femmes talentueuses de mon réseau lorsque des opportunités pourraient se présenter pour elles. 
  • Je donne des conseils gratuitement dans mon contenu, pas pour que vous travailliez avec moi, mais parce que je pense avoir des choses à apporter à la conversation.
  • Je fais régulièrement du bénévolat, d’ailleurs je me suis inscrite à la course des héros et je compte sur vous pour soutenir l’association pour laquelle je cours

Tous les dons comptent, vous pouvez être mes fangirls.

Je ne vais pas m’étendre sur des dizaines de page, je pense que vous avez compris qu’être une fangirl vous reconnecte à votre empathie. Quand on travaille dans le service, mais même lorsqu’on crée des produits, je pense qu’être capable de vraiment comprendre le besoin de l’autre est la clé d’une grande part de la réussite. Ça vous semble bateau ? Je ne vous parle pas de faire une étude de marché, je vous parle de comprendre vos clients à un niveau plus profond. Quid des émotions ? des histoires qui les animent ? 


Ma vie de fangirl fait de moi la meilleure cheerleader que mes clientes pourront trouver sur le marché. Je choisis des clientes en qui je crois et je m’efforce de toujours être derrière elles et leurs idées. Je les soutiens sans relâche, comme quand je continue de crier à la fin d’un concert alors que je suis aphone. Parce que le soutien ne se matérialise pas uniquement dans la création de supers outils opérationnels et des conseils stratégiques précis. Le soutien est important quand le moral de ma cliente flanche, quand le doute pointe le bout de son nez. C’est la différence entre faire les choses seules et avoir une amie/prestataire qui a des gênes de fangirl : j’ai des compétences particulières quand il est question de vous redonner confiance. 

Sur ce je vous laisse, j’ai des bracelets de l’amitié à terminer !

 I don’t think you should ever have to apologize for your excitement. Just because something’s cliche doesn’t mean it’s not awesome. The worst kind of person is someone who makes someone feel bad, dumb or stupid for being excited about something
Taylor Swift

Sur ce je vous laisse, j’ai des bracelets de l’amitié à terminer !

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