Vulgariser

“The most difficult subjects can be explained to the most slow-witted man if he has not formed any idea of them already; but the simplest thing cannot be made clear to the most intelligent man if he is firmly persuaded that he knows already.”

— Tolstoy

La vulgarisation est un des axes de communication favoris des infopreneur·euses (je m’inclus dans le lot). On prend un sujet assez pointu, ou spécifique à notre domaine d’expertise et on vous l’explique pour le rendre accessible et potentiellement applicable. L’attrait est simple, il nous permet de vous montrer qu’on sait de quoi on parle et souvent de vous créer un produit gratuit ou à petit prix qui vous donnera peut être envie d’aller plus loin avec nous. 

La stratégie est bien rodée et les formations en tout genre pour la mettre en place sont disponibles en nombre.

Seulement la vulgarisation n’est pas aussi simple qu’il y paraît et surtout elle peut prêter à confusion dans une stratégie d’acquisition client. Je m’explique.

Expliquer ne veut pas dire remplacer Google

Lorsque je prends le parti de créer du contenu pour vous présenter un concept stratégique, marketing, ou business je le fais pour vous présenter mon approche par la même occasion. Je ne le fais pas pour remplacer votre moteur de recherche ! Je ne suis pas là pour vous déballer des évidences, sinon je vous mets le lien vers une page wikipedia ou l’article d’un·e collègue qui a déjà fait le travail. 

D’ailleurs vous ne devriez pas consommer le contenu comme si mes écrits (et ceux des autres créateur·ices) étaient parole d’évangile. Lorsque j’explique une notion je m’appuie sur des articles, des podcasts, des livres, des vidéos, etc. Je mélange le tout et vous partage ma compréhension au mieux de mes capacités avec mes mots, mes exemples, mon avis et mes conseils.
Je crée ce contenu dans un objectif éditorial : je souhaite construire mon autorité et partager mon avis sur des sujets peu abordés par des femmes dans le milieu de l’entrepreneuriat. Donner mon avis c’est un trait fort de ma personnalité et c’est une grosse partie de mon job, donc pour moi vous parler ici c’est aussi vous rassurer sur le fait que j’ai certaines des qualités nécessaires pour bien faire mon travail. 

Les personnes qui vous copie-collent des définitions sans expliquer souvent ne sont pas capables de vulgariser, tout simplement parce qu’elles ne comprennent pas très bien elles-mêmes le concept qu’elles tentent de vous exposer. 

C’est ce qu’il se passerait si j’essayais de vous faire un exposé sur les enjeux énergétiques actuels et de les simplifier pour vous, je m’y connais pas assez en énergie, en ingénierie et en géopolitique pour vous présenter les choses comme il faut (et avec clarté). En revanche si on se parle de business model, de stratégie de communication ou de Beyoncé, là pas de souci je suis votre homme (votre femme plutôt même!)

Rendre accessible n’est pas synonyme d’accessible à tous·tes

Alors attention unpopular opinion alert: non je ne crée pas des choses “pour tout le monde”. Parce que la plupart du monde aujourd’hui (meuf aigrie alert) fait preuve d’une fainéantise intellectuelle avancée qui me hérisse le poil, souvent doublée d’hypocrisie ou de malhonnêteté. Un combo gagnant vraiment.
Je ne vais pas créer du contenu sur un blog pour lequel je fais de la recherche et je me creuse le cerveau pour les Karen qui regardent des Tiktoks pour trouver des solutions à leurs problèmes stratégiques. Sérieusement, vous croyez qu’en 90 secondes on va rééquilibrer le business model que vous n’avez peut-être jamais étudié? Je n’ai ni l’envie, ni le temps de créer des choses pour ces personnes. 

Pour moi si tu n’es pas prêt·e à investir au moins ton temps dans la lecture ou le visionnage/l’écoute, de contenus de qualités sur le sujet qui t’intéresse tu n’as rien à faire sur mes articles. 

Donc quand je crée du contenu je ne le fais pas pour être accessible à tout le monde, ç ane m’intéresse pas. Je veux réunir une communauté de lecteur·ices intéressé·es, curieux·ses et qui prennent le temps de lire du contenu long.
Ce sont des personnes qui seront plus enclin·es à faire un travail de fond, à se remettre en question et à échanger de manière constructive si nous sommes amenés à collaborer (en tant que partenaires ou dans une relation client·e/prestataire). C’est pour moi un bon moyen de faire le tri dans mon audience. Celles et ceux qui viennent sur mon insta ou mon blog et se disent que c’est trop compliqué, pas assez expliqué, etc. ne font simplement pas partie de ma cible. Si je voulais m’adresser à une cible très débutante et avec aucune connaissance sur les sujets que j’aborde je le ferai différemment, ce n’est pas le cas.

Je ne veux pas travailler avec des personnes qui ne sont pas smart

Alors ça ne veut pas dire que si j’ai décidé de ne pas travailler avec vous c’est parce que je vous trouve bête. Seulement je m’assure avec ma communication et mon marketing que les personnes comprennent que je cherche des client·es avec qui je vais être stimulée intellectuellement. Des client·es et des projets challengeants où je suis obligée de me creuser les méninges. 

Je ne veux pas travailler avec des personnes qui pensent que j’ai une baguette magique et que je vais trouver miraculeusement des solutions à tout leur problème. Il est important de comprendre que certains sujets stratégiques demandent du temps et du travail, pas seulement de ma part. Il y a des sujets que vous ne pouvez pas intégralement déléguer.

Je trouve important de rappeler que ce n’est pas parce qu’une partie de ma communication donne accès à des ressources qui vulgarisent des concepts et des méthodes/outils que j’ai vocation à accompagner des personnes qui se laissent porter par le courant.
Les seules choses que j’aime voir dériver sur un courant c’est les loutres, pas les business. 

Je suis un peu perplexe quand j’entends des personnalités connues dans le milieu de la formation pour entrepreneur·es clamer qu’aujourd’hui il n’existe pas de solution pour les personnes “avancées”. C’est faux!
Il existe des mentors et bras droits qui sont plus appropriés quand on passe un certain cap de CA ou de longévité. Une formation pour les entrepreneur·es avancé·es semble assez compliqué à créer car, croyez moi, “scaler” son business ça peut prendre des formes très différentes selon le contexte économique, l’industrie, le business model et la personnalité du dirigeant. Vulgariser et standardiser à outrance ne permet pas de proposer des recettes miracles, à un certain niveau ça devient mensonger et hop la malhonnêteté et l’hypocrisie dont je vous parlais au début toque à la porte. 

Je préfère chercher plus longtemps mais avoir des clientes conscientes qu’on ne change pas les choses en 3 semaines, qu’on ne voit pas les résultats du jour au lendemain et qu’un travail stratégique sur mesure ne coûte pas 100€ par mois. 

Quand j’ai décidé de redresser la barre j’ai investi de nombreuses heures (pendant 9 mois) et quelques milliers d’euros (pas dans un coaching en carton, mais avec une experte en stratégie). Pour passer les obstacles et développer votre business je vous recommande de faire la même chose, avec ou sans moi!

Les monsieur et madame “je-sais-tout”

Je conclurais en revenant à la citation de Tolstoï, inutile d’essayer d’expliquer les choses à une personne qui pense déjà mieux savoir! Et oui, cela ne mènera à rien de bon… Mieux vaut une personne totalement ignorante mais à l’écoute et qui a envie de comprendre ce que vous racontez que quelqu’un qui est persuadé de savoir mieux que vous. 

Vous allez me dire que ces personnes ne demandent pas d’aide, et bien si. Parce qu’on leur dit que c’est la prochaine étape pour leur croissance. Mais en aucun cas elles ne sont prêtes à lâcher les rênes et à écouter les prestataires qu’elles embauchent. Mon conseil : reposer le cadre et les bases avec ce genre de client·es.

  • Quels sont leurs besoins et leurs attentes
  • Quels sont vos besoins et votre cadre de travail
  • Quelles sont les règles de communication et de travail
  • Quels sont les deals breakers

Une fois que cela est rappelé si le ou la client·e dépasse les limites, vous êtes tout à fait en droit de mettre un terme à la collaboration.

Je sais qu’on n’ose pas toujours refuser des clients, mais croyez moi parfois le chiffre d’affaires ne vaut pas la peine de devoir vous justifier sur toutes vos actions et devoir convaincre de votre expertise le ou la client·e à chaque étape de la collaboration. 

Donc la vulgarisation c’est un bon thermomètre pour trouver sa clientèle et pour passer entre les gouttes des personnes avec qui on ne veut surtout pas collaborer. Magique, n’est-ce pas ? 

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